Un joyau pas comme les autres
30 octobre 2017 Nicolas
Le Livre d'heures de François Ier : un joyau pas comme les autres

Plus qu’un livre, un véritable bijou. Mieux, un objet d’art. Imaginez un exceptionnel joyau à la croisée de la joaillerie, de l’orfèvrerie et de l’enluminure. Un livre d’heures entièrement manuscrit, illustré de seize peintures en pleine page et couvert d’une reliure en or enrichie de pierres précieuses. Ce chef d’œuvre n’est autre que le livre d’heures de François Ier, vestige incroyablement préservé de la Renaissance. Et objet aujourd’hui de la campagne de crowdfunding Tous Mécènes initiée par le Musée du Louvre.

Faire revenir au Louvre un joyau des Rois de France

Cette opération de financement participatif représente déjà la huitième du genre pour le Musée du Louvre qui trouve à travers cette belle solution alternative un moyen de préserver le patrimoine. A titre d’exemple, le crowdfunding avait déjà permis entre autres d’acquérir en 2010 le chef d’œuvre de Lucas Cranach, Les trois grâces.

Acquis par François Ier en 1538 pour l’offrir en cadeau à sa nièce Jeanne d’Albret, reine de Navarre, ce missel d’exception est d’autant plus précieux que son histoire est extraordinaire.

François Ier, fasciné par l’art et par l’architecture, fut un protecteur des arts et des lettres. Mécène des arts, il attira les plus grands artistes auprès de lui, Cellini, de Sarto, ou Léonard de Vinci qu’il appelait « mon père ». Grâce à lui, certaines des œuvres les plus importantes des collections nationales entrent dans le patrimoine français dont la célèbre Joconde. En 1530, il est à l’initiative de la création des Joyaux de la Couronne. Roi bâtisseur, on lui doit notamment les châteaux de la Loire et le Louvre. Amoureux des lettres et héritier d’une prestigieuse collection d’ouvrages, il décida de la création d’un cabinet de livres, ancêtre de la Bibliothèque Nationale.

Vestige exceptionnel des trésors des Valois totalement dispersés au cours des siècles, le livre d’heures de François Ier a connu un destin hors du commun, passant des mains de François Ier, à celles d’Henri IV, puis du Cardinal Mazarin, avant de prendre le chemin de l’Angleterre au début du XVIIIème siècle pour finir dans les mains d’un collectionneur anglais. Classé « Œuvre d’Intérêt Patrimonial Majeur », il est une œuvre sans équivalent dans les collections publiques françaises et étrangères.

Des splendides collections accumulées par les Valois, il reste aujourd’hui peu de choses. A l’époque, les objets somptueux sont l’expression la plus puissante de la vie des cours de la Renaissance, mais les guerres, les révolutions et les changements de goûts ont presque toujours entraîné leur destruction. C’est en cela que le livre d’heures de François Ier constitue un témoignage inédit du bouillonnement artistique qui caractérise cette époque foisonnante – un chef d’œuvre de la Renaissance française miraculeusement préservé.

Un livre d’heures, entre objet religieux et objet d’art

Qualifié tour à tour de bijoux, de chef d’œuvre ou d’objet d’art, le livre d’heures de François Ier n’en reste pas moins un ouvrage religieux et pour ne pas vous perdre, un petit rappel de ce qu’est un livre d’heures arrive à point nommé. C’est le livre de dévotion le plus courant destiné aux catholiques laïcs et datant de la fin du Moyen-Age. On y retrouve le texte des prières, le plus souvent des psaumes, qui sont dites à différents moments de la journée (« les heures ») en particulier à l’occasion de certaines fêtes liturgiques comme celle de la Vierge par exemple. Un livre d’heures comprend en général un calendrier, les heures de la Vierge, les psaumes de la Pénitence et l’Office des morts. Un livre d’heure type n’existe pas, sa composition peut varier suivant les souhaits de l’acquéreur.

Celui de François Ier est unique en son genre : le manuscrit est enfermé dans une reliure d’or ornée d’arabesques noires. Cette reliure est ornée, en première et quatrième de couverture, de deux plaques de cornaline magnifiquement sculptées. Véritablement précieuse, la reliure d’or est couverte de cabochons de rubis et de turquoises. Ces gemmes non taillées évoquent les modèles ottomans où ces deux pierres alternent sur les pièces d’orfèvrerie à l’époque de Soliman le Magnifique, devenu sultan en 1520 et avec lequel François Ier a conclu une alliance contre les Habsbourg en 1536.

L’œuvre est accompagnée de son marque-page qui constitue à lui seul un extraordinaire joyau. Il représente un Christ sculpté dans une agate enchâssé dans une colonne sertie de pierres précieuses. Il est orné à son sommet d’un chapiteau à volutes orné de diamants taillés et de rubis entourés de feuilles d’acanthe. Les volutes blanches couronnées de feuillages rouges. Le tout est surmonté d’un anneau qui laisse penser que le marque-page pouvait se porter autour du cou. A sa base, il est doté d’une moulure sertie de pierres précieuses à laquelle une perle blanche est suspendue.

Parrainez un joyau et devenez à votre tour mécène

Vous pouvez admirer de plus près en ce moment même et jusqu’au 15 janvier 2018 ce livre d’heures présenté exceptionnellement dans l’exposition « François Ier et l’art des Pays-Bas » au Musée du Louvre.

La campagne Tous Mécènes est une occasion unique de faire revenir en France ce joyau miraculeusement préservé, un  (trop) rare vestige de la Renaissance qui retrouverait sa place au sein des collections royales du musée, dont le musée du Louvre est l’héritier. Le livre d’heures est la seule pièce d’orfèvrerie – avec une salière de Cellini à Vienne – à pouvoir être directement associée au souverain et la seule reliure précieuse française connue à ce jour pour les règnes de François Ier et des derniers Valois.

10 millions d’euros, c’est le prix du livre d’heures de François Ier. Mais à projet exceptionnel, partenariat exceptionnel, cette acquisition majeure bénéficie d’ores et déjà du soutien de LVMH Moët Hennessy – Louis Vuitton qui s’est engagé à prendre en charge la moitié de la somme. Pour permettre à ce chef d’œuvre de rejoindre les collections nationales, le musée du Louvre sollicite aussi la générosité des français afin de réunir 1 000 000 euros avant le 15 février 2018.

Une aventure ambitieuse pour une future icône du Musée du Louvre.

L’exposition : François Ier et l’art des Pays-Bas. Musée du Louvre. Du 18 octobre 2017 au 15 janvier 2018

La campagne de crowdfunding : Tous Mécènes. Du 24 octobre 2017 au 15 février 2018

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